Dans ce moment de bascule, où les inégalités s’aggravent, où la crise climatique s’intensifie et où la démocratie vacille face aux populismes, Paris a besoin d’un projet politique cohérent, ambitieux, profondément humain. Un projet capable de répondre à l’urgence et aux nouveaux défis, de bâtir un autre avenir et de rassembler largement.
Dans une époque troublée où les certitudes établies semblent s’évanouir, la seule méthode est de choisir un cap, et de retrouver le sens du temps long.
Dans une ville où les écarts de richesse explosent, où des familles, et même des enfants isolés, vivent à la rue pendant que des logements restent vides, où pour beaucoup, l’accès à la santé, à l’alimentation ou aux services publics devient un parcours d’obstacles, il est urgent de remettre la justice sociale au centre.
Je veux une ville qui lutte toujours plus contre la précarité, en garantissant l’accès à un logement digne, en éradiquant la faim et la malnutrition, en soutenant les services publics au plus près des besoins. La précarité alimentaire, en particulier, est un scandale silencieux qui touche des dizaines de milliers de Parisiennes et de Parisiens. Il faut y répondre avec force : en renforçant les dispositifs d’aide alimentaire, en soutenant les associations qui agissent au quotidien, mais aussi en développant une politique municipale innovante de lutte contre le gaspillage alimentaire, en lien avec les commerces, les marchés, les cantines et les habitants.
Il nous faut aussi défendre notre cadre de vie et notre santé. Face aux canicules à répétition, à la pollution, à l’artificialisation des sols, Paris doit devenir une ville résiliente, capable de s’adapter au changement climatique tout en préservant la biodiversité urbaine. Cette résilience ne sera réelle que si elle est aussi sociale : une écologie qui ne protège pas les plus fragiles n’est pas une écologie juste.
Nous devons aussi faire de Paris une ville pleinement inclusive, où chaque personne, quelle que soit sa situation, trouve sa place. Trop souvent, les personnes en situation de handicap se heurtent à des obstacles invisibles ou négligés : accessibilité insuffisante, isolement, manque de services adaptés. Nous devons faire de l’accessibilité universelle un impératif, dans l’espace public, les transports, les écoles, les équipements municipaux.
Il nous faudra aussi assurer la tranquillité publique à travers une présence humaine renforcée dans les rues, une politique de prévention ambitieuse, et une attention portée à toutes les formes de vulnérabilité. Je pense particulièrement à la tranquillité des femmes dans l’espace public, à la lutte contre le harcèlement de rue, aux aménagements urbains qui favorisent la sécurité et la liberté de mouvement, en construisant une ville féministe, où chacune et chacun peut se sentir libre et en sécurité.
Paris doit aller plus loin.
Le cap engagé ces dernières années par Anne Hidalgo et la majorité municipale de gauche est le bon : celui d’une ville plus écologique, plus solidaire, plus respirable. Mais face à l’ampleur des crises que nous affrontons, climatique, sociale, démocratique, il faut désormais changer d’échelle, accélérer la transformation et approfondir les choix opérés.
Je veux faire de Paris une ville phare en matière de mobilités durables, en réduisant encore la place de la voiture individuelle au profit des transports en commun, du vélo et de la marche, en rendant ces alternatives plus accessibles, plus sûres, mieux connectées. Je veux une ville qui produit une énergie propre, qui végétalise massivement ses rues, ses cours d’école, ses toits, qui protège ses sols et lutte efficacement contre les effets de l’artificialisation et des îlots de chaleur.
Cette transformation implique aussi une nouvelle économie urbaine, plus locale, plus sobre, plus résiliente. Il nous faut renforcer les commerces de proximité, encourager les circuits courts, valoriser le réemploi et développer des modes de consommation responsables, accessibles à toutes et tous. C’est ainsi que Paris pourra devenir un modèle européen de transition juste.
Enfin, pour transformer Paris, il faut anticiper les bouleversements technologiques en cours. L’intelligence artificielle, le numérique, les nouveaux outils urbains ne doivent pas être abandonnés aux logiques privées ou sécuritaires. Nous devons porter une IA éthique, transparente, mise au service du bien commun et des usagers, et non contre eux. L’innovation doit être guidée par la justice sociale et l’intérêt général.
Rassembler et faire de Paris une ville vivante et démocratique.
Rassembler, c’est refuser les fractures qui fragilisent notre ville. Paris a toujours été une ville de résistance aux discours de haine, un refuge face aux replis xénophobes, un espace de diversité, de culture et de liberté. Mais cette vocation universaliste est aujourd’hui menacée. Les divisions sociales s’approfondissent, les tensions identitaires s’exacerbent, et la promesse républicaine d’égalité et de fraternité s’éloigne pour trop de nos concitoyens.
Trop souvent, Paris fonctionne en archipel : entre l’Est populaire et l’Ouest privilégié, entre générations qui ne se croisent plus, entre communautés qui vivent côte à côte sans toujours se rencontrer. Cette fragmentation affaiblit le lien civique, alimente les peurs, et laisse le champ libre aux démagogies.
Nous devons reconstruire du commun. Retisser les solidarités, faire vivre une citoyenneté urbaine active, inclusive, exigeante. Rassembler, c’est faire le pari de l’intelligence collective, du respect mutuel, de la participation de toutes et tous à la vie de la cité. C’est redonner du sens au vivre-ensemble, non comme un slogan, mais comme un projet de société à part entière, qui refuse le fatalisme et affronte avec lucidité les fractures de notre temps.
Cela passe par une démocratie locale refondée. Il ne suffit pas d’inviter les habitantes et les habitants à s’exprimer tous les cinq ans : ils doivent pouvoir peser sur les décisions qui les concernent. Je veux renforcer la participation citoyenne à tous les niveaux, donner plus de pouvoir aux conseils de quartier, associer les Parisiennes et les Parisiens à la fabrique de la ville. Avec nous, un vent de démocratie soufflera sur Paris.
Rassembler, c’est aussi garantir à chacune et chacun l’accès à la culture, à l’éducation, à l’émancipation. Soutenir les artistes, les lieux indépendants, les médiathèques, les associations, c’est faire vivre un imaginaire commun. Défendre l’école publique, c’est refuser que le destin des enfants soit dicté par leur lieu de naissance ou leur origine sociale. Face aux replis identitaires, aux discours de haine, à la montée des extrêmes, notre réponse doit être une politique publique du vivre-ensemble : laïque, universaliste, profondément républicaine.
En 2026, Paris ouvrira une nouvelle page de son histoire.
Une ville plus juste, plus verte, plus démocratique est non seulement possible, elle est nécessaire.