Sur le plateau du Figaro TV, il n’a pas seulement tenu des propos outranciers. Il a désigné une partie de nos concitoyens comme un peuple ennemi.
Ce discours est d’une extrême gravité. Car ce qu’il fait, c’est transformer des individus en menace collective.
C’est assigner des millions de personnes à une origine, une religion réelle ou supposée, une « civilisation ». C’est leur prêter un projet de conquête. C’est les désigner comme ennemis de l’intérieur.
Il parle de « grand remplacement ». Il parle d’« affrontement de deux peuples ». Il affirme que les vols, les viols ou les trafics ne seraient pas des actes de délinquance, mais des « actes de guerre », une « guérilla » entre deux peuples qui se disputeraient « une même terre ».
Devant la passivité coupable de François Bayrou, ancien premier ministre de la France. Et avec la complicité silencieuse d’un journaliste qui contribue à la banalisation de propos haineux.
Quand on décrit une partie de la population comme un peuple étranger engagé dans une guerre contre la France, on prépare les esprits à la rupture du pacte républicain.
Il appartiendra à la justice d’apprécier les suites à donner. Mais notre responsabilité d’élus est claire : ne jamais laisser banaliser les discours qui essentialisent, désignent, excitent la haine et mettent en danger la cohésion nationale.