Le 1er mai est une célébration née dans la douleur des combats ouvriers, portée par celles et ceux qui ont refusé de courber l’échine. Une journée pour se rappeler que les droits que nous tenons pour acquis – congés, salaires décents, protection sociale – sont le fruit de mobilisations, de grèves, parfois de répression, souvent de courage.

Comme toutes les consciences de gauche, je suis profondément attaché à cette date. Mais cette année, je veux la dédier à celles et ceux que l’on oublie trop souvent : les travailleurs immigrés.

Alors que la xénophobie progresse, l’extrême droite impose ses obsessions, certains responsables politiques banalisent la stigmatisation de l’étranger, il est urgent de rappeler une évidence : les travailleurs immigrés ne menacent pas notre société, ils la font tenir.

Ces femmes et ces hommes que l’on entend trop peu, et sans qui rien ne fonctionnerait. Dans les hôpitaux, les chantiers, les entrepôts, les cuisines, les champs. Leur travail est indispensable. Et leur précarité insupportable.

Ils subissent trop souvent les bas salaires, les cadences infernales, l’angoisse des papiers, le mépris parfois.

Je pense à Yao, arrivé du Bénin après une traversée périlleuse, qui travaille à l’arrière d’un restaurant du 14e arrondissement.

À Nasreen, réfugiée qui a fui la guerre, devenue agente d’entretien dans une tour de La Défense.

À Abdoulaye, étudiant sénégalais passionné de cinéma, serveur en attendant ses papiers.

Leur histoire est celle de mes parents.

Elle est celle de millions de travailleurs venus d’ailleurs. Leur dignité est la nôtre. Et nos droits ne valent rien s’ils ne valent pas pour tous.

Rendre hommage aux travailleurs immigrés, c’est affirmer que la justice sociale ne connaît pas de frontière.

C’est rappeler que la solidarité n’a pas de passeport.

C’est porter une gauche qui ne cède ni à la peur ni à la haine, et qui ne laisse personne sur le bas-côté.

Alors à toutes celles et tous ceux qui, dans l’ombre, malgré les obstacles, font la France chaque jour : merci.